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Un plan d’urbanisme qui ne sert a rien
Les dossiers - Planification et urbanisme
Écrit par Ginette Major   

08

aoû

2009

Les propositions architecturales du promoteur SDA pour le 2-22 rue Sainte-Catherine Est et le Quadrilatère Saint-Laurent, dans le Quartier des spectacles, ont les mêmes caractéristiques qu’une série d’autres projets qui ont vu le jour ces dernières années à la périphérie du Vieux-Montréal, tels le Solano, Griffintown, le CHUM, la Gare Viger.

Des projets qui dérogent au Plan d’urbanisme de la Ville, par leur hauteur et leur volumétrie, et qui apparaissent comme des corps étrangers dans la trame urbaine dans laquelle ils s’insèrent.

 

Et chaque fois le scénario est le même. Les citoyens sont invités à témoigner lors d’audiences publiques. Deux clans s’y affrontent alors. D’un côté, architectes et urbanistes qui dénoncent les dérogations au Plan d’urbanisme et l’absence d’intégration de la proposition au secteur environnant; de l’autre, le promoteur, soutenu par ceux qui bénéficieront des retombées du projet, qui défend son plan avec énergie. Après de longues discussions, le promoteur immobilier acceptera, par exemple, de réduire de 4 mètres une tour qui en fait 12 de trop. Mais pas davantage, car il faut un maximum de mètres carrés pour assurer un bon rendement sur investissement.

 

Les opposants, insatisfaits des concessions du promoteur, reviennent à la charge. Le promoteur, de son côté, fait pression sur la Ville pour obtenir gain de cause, menaçant de retirer ses billes si la proposition n’est pas acceptée comme telle. Considérant les investissements considérables que le promoteur entend injecter dans l’économie de Montréal, – car le promoteur avance toujours de gros chiffres - la Ville finit par donner satisfaction au promoteur, moyennant encore quelques « améliorations ». Et le monstre voit finalement le jour, qui enlaidira Montréal pour un siècle!

Parfois, la confrontation connaît un heureux dénouement! Grâce à une conjoncture économique défavorable, le projet est abandonné ou retardé. Ce qui permet d’espérer que la prochaine proposition prendra davantage en compte l’historique du quartier et la trame urbaine dans laquelle elle s’insère.


À quoi sert donc un Plan d’urbanisme si, chaque fois qu’il s’avère contraignant, on y déroge? Ou bien ce Plan, révisé en 2004, est toujours valable, et dans ce cas la Ville doit le faire respecter et s’assurer que les promoteurs s’y conforment. Ou bien il est irréaliste, et il faut alors l’amender pour qu’il tienne davantage compte des paramètres du marché.

 

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