| 11 aoû 2011 |
Depuis la tenue de l’Expo 67, qui a tant marqué l’imaginaire collectif des Montréalais, plusieurs générations d’enfants ont rêvé de visiter le parc d’attractions de La Ronde, construit sur l’ancienne île Ronde dont il tire sont nom.
Cette île qui fut rattachée lors des préparatifs de l’Expo à l’île Verte et à l’ancienne île Sainte-Hélène pour former l’île Sainte-Hélène que nous connaissons maintenant. Mais les Montréalais se souviennent-ils que bien avant eux, leurs aïeux en culottes courtes savaient aussi se divertir en fréquentant le parc Belmont, le parc Campbell, le parc Dominion ou le parc Sohmer dont nous allons traiter dans cette chronique ?
À l’origine des parcs d’attractions tels que nous les connaissons de nos jours avec leurs manèges, leurs montagnes russes et leurs kiosques de friandises de toutes sortes, il y eut d’abord des parcs champêtres, plus particulièrement aux XVIIIe et XIXe siècles; la haute société pouvait y déambuler en toute quiétude revêtue de ses plus beaux atours. Lieux de pique-nique mais bientôt aussi de concerts publics, plusieurs entrepreneurs y virent une occasion de profiter de la manne de ces bien nantis qui allaient sûrement désirer compléter leur piquenique par un rafraîchissement !
Le parc Sohmer ouvrit ses portes au printemps 1889, à l’initiative de messieurs Ernest Lavigne et Louis-Joseph Lajoie. Il était situé où se trouve maintenant un garage-entrepôt appartenant à la brasserie Molson, à l’angle des rues Notre-Dame et Panet.
Ce parc devint l’un des lieux de rendez-vous et de sortie dominicale les plus courus de Montréal. Une belle résidence bourgeoise qui se trouvait sur ce terrain, la maison du juge Panet, fut récupérée pour devenir le pavillon du parc. Ernest Lavigne, musicien de talent qui dirige la fanfare municipale de Montréal et ancien Zouave pontifical, organise de multiples concerts en plein air au parc. Lavigne et Lajoie sont aussi propriétaires d’un magasin d’instruments de musique qui offre à sa clientèle les fameux pianos… Sohmer, fabriqués à New-York !
À la musique, s’ajoutent des spectacles d’acrobatie, de lutte et autres divertissements. Louis Cyr s’y est même produit lors de spectaculaires séances de lever de poids. De petits films animés y sont même présentés, sans oublier que ce parc offre alors aux Montréalais une merveilleuse fenêtre sur le fleuve, fenêtre qui s’est presque totalement fermée lors de l’élargissement de la rue Notre-Dame dans les années soixante-dix, et qui ne semblait pas avoir beaucoup d’importance dans le futur projet de réfection de cette même rue Notre-Dame.
Ernest Lavigne meurt en 1909 à l’âge de cinquante-huit ans. Ses funérailles sont grandioses. En 1919, un incendie ravage le parc et celui-ci doit fermer ses portes. La succession d’Ernest Lavigne n’a jamais réussi à redonner au parc sa splendeur passée. Le parc est cédé à la Ville de Montréal à condition que celle-ci y conserve sa vocation champêtre; en 1925, le parc Campbell est aménagé. Celui-ci disparaît après la Guerre, la brasserie Molson ayant réussi à s’approprier le terrain.
L’aire de jeux aménagée il y a quelques années sous le viaduc de la rue Notre- Dame, à l’intersection de la rue Amherst, constitue un bien pâle reflet de la splendeur passée du parc Sohmer. À tout le moins, les cris et les rires des enfants se font à nouveau entendre dans le Faubourg Québec.
Bibliographie :
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