Édifice Ernest Cormier
Écrit par Gilles Morel   

11

aoû

2011

Cet édifice est construit entre 1922 et 1926 selon les plans des architectes Louis-Auguste Amos, Charles J. Saxe et Ernest Cormier. Il s’agit du premier contrat d’importance de ce dernier depuis son retour d’études à Paris.

Néanmoins, il joue un rôle prépondérant dans la conception de l’édifice. Peu après son décès, en 1980, son nom sera donné à l’édifice afin de marquer l’importance de cet architecte dans la société québécoise. Le projet est lancé en février 1920 lorsque le gouvernement du Québec sanctionne une loi sur la construction d’une deuxième « annexe » au palais de justice de Montréal.

 

Vieux de près de 75 ans, le palais de justice alors en fonction ne suffit plus aux besoins d’une métropole en pleine expansion. De plus, n’étant pas à l’épreuve du feu, il met en péril les précieuses archives judiciaires qui s’y trouvent. Pour la construction du nouvel édifice, le gouvernement exproprie le quadrilatère situé en face du palais de justice, créant ainsi un des plus grands chantiers montréalais de l’époque. Une vingtaine d’immeubles sont détruits. Les travaux de fondation débutent en 1922 et la construction se poursuit jusqu’en 1926. Le nouvel édifice est relié au Vieux palais de justice par un tunnel sous la rue Notre- Dame.

 

À son inauguration le 22 novembre 1926, l’édifice compte des cours de justice avec salles d’audience, des dortoirs pour les jurés et des locaux pour la police et les prisonniers. Des bureaux pour les juges et les avocats de la Couronne ainsi que des bureaux d’enregistrement y sont aussi aménagés. De plus, dans les années 1930, 1940 et 1950, les premiers ministres du Québec y ont leur bureau.

 

En 1972, après la mise en fonction d’un nouveau palais de justice, l'édifice se libère. Les Archives nationales du Québec s’y installent de 1974 à 1987 et les conservatoires de musique et d’art dramatique de 1975 à 2001. À la suite de travaux de restauration effectués entre 2002 et 2005, l’édifice abrite la Cour d’appel du Québec à Montréal.

 

L’édifice, situé rue Notre-Dame, occupe un îlot entier. Une étroite marge de reculement le sépare du trottoir, tandis que des courettes intérieures laissent pénétrer la lumière. Le bâtiment rappelle le mouvement américain City Beautiful visant à donner ordre et cohérence aux paysages des centres urbains – un objectif jamais vraiment atteint dans le secteur faute de planification d’ensemble. L’édifice comprend quatre étages ouverts au public incluant l’étage de soubassement et le rez-de-chaussée surélevé. Il s’impose toutefois surtout dans son environnement urbain par ses larges dimensions et par sa colonnade en granit. Les murs en calcaire gris masquent quant à eux une structure en acier et en béton.

 

L’immense portique à quatorze colonnes évoque d’emblée un temple de l’Antiquité. L’ordre colossal qui lie deux niveaux, confère d’abord et avant tout une évidente monumentalité à l’édifice. Tout le vocabulaire architectural est classique. Le portique à quatorze colonnes doriques rappelle plus particulièrement la Rome antique. L’architecture de l’édifice s’inscrit tardivement dans le renouveau classique nord-américain lancé au tout début du XXe siècle. Il rappelle par la même occasion le néoclassicisme du Vieux palais construit au milieu du XIXe, lui-même un des derniers grands monuments néoclassiques montréalais. Cette conception puise dans les méthodes et les ressources documentaires de l’École des beaux-arts de Paris, où Cormier a étudié, mais un classicisme à l’antique aussi littéral est alors proprement nord-américain. Au cours des années 1920, l’éventail des styles en vogue s’élargit de sorte que l’approche retenue apparaît comme un choix d’autant plus délibéré.

 

Un tel classicisme faisant par surcroît usage du sévère ordre dorique paraît alors toujours approprié pour la Justice. La colonnade sans fronton évoque même un péristyle de basilique civile romaine où l’on traitait notamment les affaires judiciaires. De plus, l’hémicycle muni de hautes torchères et de portes de bronze, ne peut qu’impressionner le visiteur, ce qui est sans doute voulu. Dans les façades latérales, des portails au niveau du premier étage de soubassement soulignent la complexité fonctionnelle d’un tel palais de justice. À l’arrière, au deuxième étage de soubassement, on trouve des entrées de services, dont celle des fourgons fermée par de lourdes portes. Partout, d’abondantes fenêtres éclairent les salles d’audience, les bureaux et les autres locaux, même derrière la colonnade. www.vieux.montreal.qc.ca.

Commentaires (0)Add Comment

Ecrivez un commentaire
Réduire l'éditeur | Agrandir l'éditeur

busy

 
CES ARTICLES POURRAIENT ÉGALEMENT VOUS INTÉRESSER...
Mercredi, 23 mai 2012

Adhésion 2012

Devenez_membre_V3

Inscrivez-vous !

Pour recevoir notre infolettre périodiquement par courriel.

Résidant
Non-résidant



<<  Mai 2012  >>
 Lu  Ma  Me  Je  Ve  Sa  Di 
 
   

ASURVEILLER-ANIM

Prononcez-vous !

Bars ouverts en continu ?

Votre avis compte

Concernant le contrôle du bruit en provenance du Vieux-Port cet été (spectacles, terrasses, etc.), il y a eu...

Nos partenaires

LogoARQSM-180