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Maison Brossard-Gauvin, 433-435, rue Saint-Louis
Écrit par Gilles Morel   

05

avr

2011

En 1743, Joseph Brossard reçoit une parcelle de la terre familiale en récompense des « bons services » rendus à sa mère pendant son veuvage. Il construit peut-être la maison aussitôt, ou à tout le moins vers 1750, car on la mentionne pour la première fois en 1758 lors de la cession de la propriété à son frère Denis.

Il y avait des maisons rurales dans ce secteur depuis le XVIIe siècle, mais la construction de celle-ci fait partie, au milieu du XVIIIe siècle, du développement d’un petit faubourg hors de la ville fortifiée, à partir de cette base campagnarde ancienne. Les Brossard conservent la maison jusqu’au début du XIXe siècle.

 

Le menuisier Joseph Gauvin l'acquiert en 1805. Il n'occupe la maison que pendant cinq ans, après quoi elle est louée à des gens de petits métiers. La partie gauche de la maison, qui forme une seconde unité d’habitation nettement distincte, est probablement ajoutée vers 1810. Le revêtement de la maison est aussi sans doute refait à cette époque. L’apparence de la maison, désormais transformée en deux unités d’habitation adjacentes, est de nouveau profondément transformée vers 1875 alors que le toit à deux versants est remplacé par un étage entier ayant un brisis à l’avant et un toit en pente légère, presque plat, vers l’arrière. Sans doute au même moment, la façade est recouverte de brique au rez-de-chaussée. La propriété appartient alors, à la fille de Joseph Gauvin, Marie-Elizabeth-Eléonore, épouse de l'architecte John Ostell. Jusqu’en 1924, la propriété est transmise par héritage, la même famille continuant à en tirer des revenus de location, ce que font aussi les propriétaires suivants.

 

Classée monument historique en 1983, la maison est acquise en 1985 par Gaétan B. Trottier et Ronald Dravigne qui la restaurent complètement. L'étage supérieur recouvert d’un toit plat est remplacé par un étage de comble avec un toit à deux versants, à l’ancienne.

 

Maison Joseph Brossard, 454, rue Saint-Louis

Le menuisier Joseph Brossard fait construire cette maison en 1828. Deux ans plus tôt, en 1826, Joseph Brossard père et Marie-Josephte Mathieu ont fait donation à leur fils Joseph et à sa future épouse Marie- Josephte Dupéré de cet emplacement sans bâtiment situé au faubourg Saint-Louis. Brossard fils engage Charles-Simon Delorme pour lui bâtir une maison en bois, recouverte de planches en façade, avec fondation et cheminées en pierre. Il confie notamment la charpenterie à Delorme, mais se réserve les travaux de menuiserie. Le jeune couple s’y établit.

 

Devenu veuf, Brossard vend la maison en décembre 1843 à Joseph Boulanget, marchand tailleur, dont la famille conservera la propriété pendant cent ans. Les premiers rôles d’évaluation parus à compter de 1847 nous apprennent que deux locataires occupent la maison, la division ayant pu être faite par Boulanget ou par Brossard. Quoi qu’il en soit, la maison est ainsi louée très longtemps à des artisans, des journaliers, des ouvriers et des veuves. Le contremaître Omer Robitaille, qui y réside déjà comme locataire à compter de 1939, achète la maison en 1946 tout en laissant l’autre partie en location.

 

Gaétan B. Trottier et Ronald Dravigne achètent la propriété en 1975 de la veuve d’Omer Robitaille et procèdent à d’importants travaux de restauration et de rénovation. Ils recréent une maison unifamiliale, comme à l’origine.

www.vieux.montreal.qc.ca

 

 

Commentaires (1)Add Comment
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Par Nicole Desharnais, 11 avril 2011
J'étais en visite à Montréal ce dernier week-end et je m'inquiète de l'avenir de la maison Brossard-Gauvin car j'ai vu que le terrain immédiatement voisin est en train d'être très profondément excavé.
Est-ce que ce quartier du Vieux-Montréal ne protège pas davantage son patrimoine. Les maisons datant du régime français sont tellement rares qu'elles méritent plus qu'un classement théorique, l'environnement compte pour beaucoup dans la mise en valeur. Je trouve qu'à Montréal comme à Québec, on sacrifie ce patrimoine à la pièce et le ministère de la culture ne joue pas suffisamment son rôle de gardien du patrimoine bâti .Sur une photo récente, il y avait des arbres au lieu du site d'excavation,mais avec ce que j'ai vu en fine de semaine, j'ai l'impression que les jours de cette maison sont comptés...

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