| 15 déc 2010 |
Le siège social de la Banque d’Épargne de la Cité et du District de Montréal érige la première section de l’édifice en 1870-1871. Conçu par l’architecte Michel Laurent, l’édifice présente alors une façade étroite rue Saint-Jacques et une façade plus longue qui longe la rue Saint-Jean.
La Banque prolonge, en 1872-1873, la façade de la rue Saint-Jean d’une quinzaine de mètres. Elle acquiert un autre terrain en 1874 où l’on double, en 1875-1876, la façade de la rue Saint- Jacques. En 1883, on rallonge la façade de la rue Saint-Jean jusqu’à la rue Notre-Dame, une opération complétée en 1923-1924.
Durant tout le XXe siècle, l’édifice conserve ses fonctions bancaire et locative. Le réformateur Herbert B. Ames et l’avocat Jean Drapeau, futur maire de Montréal, y tiennent entre autres des bureaux de 1900 à 1908 et de 1948 à 1953 respectivement. La Banque d’Épargne, qui occupe presque l’immeuble en entier dans les années 1960, se défait de sa propriété en 1977, mais en demeure locataire. En 1987, elle est absorbée par la Banque Laurentienne qui quitte définitivement les lieux en 1989. De 1999 à 2001, l’édifice fait l’objet de travaux majeurs de rénovation et a été transformé en établissement hôtelier sous le nom de L’Hôtel du XIXe siècle en 2001 pour devenir, en 2009, Lhotel Hotel.
Les trois façades comprennent neuf sections irrégulières comptant deux, trois ou cinq travées. Elles correspondent aux phases de construction de l’édifice, sauf pour la partie de la rue Saint-Jean près de la rue Saint-Jacques, divisée dès l’origine en trois parties avec des fenêtres tripartites au centre. Trois divisions horizontales – base, étages intermédiaires et sommet – unifient tout l’ensemble dans un esprit classique que confirme le vocabulaire architectural qui trouve ses sources dans l’Antiquité et la Renaissance italienne. Les plus anciennes sections, rue Saint- Jacques, présentent des traits qui rappellent les résidences en rangée londoniennes à trois travées avec entrées décentrées et cours anglaises donnant accès aux sous-sols. L’étage supérieur à brisis est quant à lui inspiré de la France du Second Empire, l’inspiration française se remarquant en outre dans les ornements sculptés très élaborés. L’emploi de brisis dans les phases de construction tardives et le maintien remarquable du vocabulaire ornemental d’origine font d’ailleurs de cet édifice construit entre 1870 et 1924 l’ensemble le plus parisien, le plus haussmannien pourrait-on dire, du Vieux-Montréal.
Pour en savoir plus, consulter www.vieux.montreal.qc.ca.
Partager...
Envoyer par courriel
Commentaires (1)
![]() Ecrivez un commentaire
|
| CES ARTICLES POURRAIENT ÉGALEMENT VOUS INTÉRESSER... | |