| 15 déc 2010 |
A partir de 1963, le projet de construction de la Maison de Radio-Canada nécessite l’expropriation de 678 familles, soit d’environ 5 000 personnes dans le quartier Sainte-Marie. Non seulement on a démoli les logements de ces personnes, mais dans bien des cas leur gagne-pain aussi y passait.
Photo : Yves Côté
Le quartier était constitué de nombreuses petites entreprises telles qu’imprimeries, garages, petits ateliers de toutes sortes. Le coût des loyers dans le secteur de Radio- Canada était en moyenne de 43 $ par mois et les gens n’ont pu se reloger ailleurs à un prix inférieur à 55 $ par mois. La différence était énorme. Les gens devaient avoir quitté leur maison avant le premier octobre 1963. Deux-cent soixante-deux immeubles seront rasés et les terrains nettoyés à la fin de l’année 1963.
Pour la petite histoire, le manifeste du FLQ de 1970 fait référence à Drapeau- l'aristocrate, celui qui se préoccupe tellement des taudis qu'il a fait placer des panneaux de couleurs devant ceux-ci pour ne pas que les riches touristes voient notre misère1. Les panneaux en question existaient effectivement, et ils étaient installés le long du boulevard Dorchester, maintenant René-Lévesque, pour cacher les vieilles maisons du faubourg à m’lasse.
Plusieurs résidants du quartier, plus âgés, mentionnent que cette dénomination était aussi utilisée par dérision, peut-être un peu par mépris, comme on disait dans le temps, le bas de la ville. Les habitants étaient tellement pauvres qu’ils ne pouvaient pas se payer de sucre raffiné, ils pouvaient seulement se confectionner des desserts à base de mélasse. Une autre théorie sur l’appellation du faubourg à m’lasse fait référence aux trois immenses réservoirs à mélasse qui sont encore visibles dans le parc Bellerive. Cela est moins probable, car ces réservoirs ont été construits en 1955, et l’appellation faubourg à m’lasse était déjà utilisée depuis fort longtemps. Le nom faubourg à m’lasse a été immortalisé par l’acteur et scénariste Pierre Dagenais, qui en tirera un radio-roman dans les années 50, et par le violoniste et père de Michèle Richard, Ti-Blanc Richard, qui fit danser son public sur le Reel du Faubourg à m’lasse.
Quartier de naissance ou d’adoption d’artistes reconnus et aimés du public, tels que La Poune, Jean Duceppe ou Marcel Dubé, et même du grand-père du plongeur Alexandre Dépatie, Claude Dépatie, qui a ouvert le premier Monsieur Muffler au coin des rues Amherst et Craig (Saint- Antoine) en 19564, le faubourg Québec, devenu quartier Sainte-Marie, puis faubourg à m’lasse, pour redevenir le faubourg Québec à l’heure du redéveloppement résidentiel, peut s’enorgueillir de son passé. Il est en train de panser ses plaies, et un nouveau dynamisme souffle dans ses rues centenaires. Délimité à peu près au nord par la rue Sherbrooke, au sud par le fleuve, à l’ouest par la rue Amherst et à l’est par la rue D’Iberville, le quartier compte de nombreux édifices très intéressants du point de vue historique, tels que l’Église Saint-Pierre-Apôtre, le Bain Généreux (maintenant l’Écomusée du fier monde), et un magnifique marché Saint-Jacques revampé avec de nouveaux commerces d’alimentation.
Résolument tourné vers l’avenir, c’est un quartier fier de sa diversité et de son histoire. Il fait bon d’en découvrir les nombreux trésors au fil d’une marche dans ses rues sous le couvert de ses vieux arbres, observateurs silencieux de tant de bouleversements. Et n’oubliez pas les galettes à la mélasse dans votre sac à casse-croûte! ________________________________________
Commentaires (1)
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Donc, le Faubourg à m’lasse pour moi, tient son nom par la véridique de son nom, car voyez-vous, la grosse majorité de nos clients étaient des débardeurs pour le port de Montréal et qu’en hiver ils étaient presque tous sur le chômage et nous à l'épicerie de mon père, souvent et même très très souvent nous leurs remplissions leur pinte de lait de mélasse à même le gros baril de bois qui était au centre du magasin. Cette pinte de mélasse était leur repas pour toute la famille très souvent et ce est vrai, parce que leurs enfants étaient mes amis d'enfance que je voisinais à l'époque.
Donc le nom Faubourg à m’lasse n’est pas une légende mais c’était la vie de tous les jours et pas seulement l’hiver.