En septembre, profitant des derniers beaux jours de l’été, je me suis inscrite à des visites guidées dans notre quartier. Sous les bons soins de Jeanne, Tyler, Andréanne, Josée, et Micheline, j’ai fait de captivantes découvertes. C’est confirmé, il faut suivre le guide pour mieux voir !
En rafale : quelques découvertes…
Grâce aux guides, vous saurez distinguer le profil marqué sur la pierre de la première maison construite dans le Vieux-Montréal et reconnaître notre héritage britannique parmi les magnifiques immeubles qui ornent notre quartier. Vous découvrirez où se situait le Wall Street montréalais au XIXe siècle. Vous connaîtrez l’adresse du premier siège social du journal Le Devoir ou celle de la première compagnie de télégraphe créée en 1879.
Vous aurez peut-être la chance de descendre dans la cave à vins de terre battue des Sulpiciens datant du XVIIe siècle! Et on vous le confirmera, Pavarotti a adoré chanter à Montréal, perché au sommet de la chaire de la Basilique Notre- Dame de Montréal; l’intérieur de ce joyau architectural, construit dans le style gothique anglais, fut inspiré de la Sainte-Chapelle à Paris : « Very Beautiful, no need to go to Europe », note judicieusement une touriste sur le livre de bord de l’église.
Le stationnement de la Place d’Youville : ci-gisent les vestiges du marché Sainte-Anne !
Parmi mes découvertes, un lieu a particulièrement retenu mon attention. Cela se comprend bien : résidante du Vieux- Montréal, je déplore, tout comme les autres habitants de notre quartier, l’absence d’un marché public à proximité.
Ce lieu chargé d’histoire, c’est le stationnement de la Place d’Youville qui, dans le cadre des projets d'expansion du Musée Pointe-à-Callière, est devenu le plus grand chantier de fouilles archéologiques en milieu urbain au Québec. Sous des tonnes de terre y est enfoui le marché Sainte- Anne, inauguré en 1834 au coeur de l’activité résidentielle et économique de Montréal. Ce marché, très fréquenté, fut cependant exproprié en 1842, suite à une série de conflits concernant la réglementation des marchés. Puis, en 1844, Montréal ayant été choisie comme capitale du Parlement, on récupère ce site stratégique. Le vaste bâtiment néoclassique en pierre de deux étages qui abritait le marché est alors transformé, et il devient le siège du parlement du Canada-Uni.
Célèbre vocation qui fut de courte durée ! En 1849, l’immeuble et tous les papiers qui y étaient conservés pour la postérité seront incendiés par une foule de 1 500 protestataires en désaccord avec la Loi pour l'indemnisation des pertes survenues lors des rébellions de 1837-1838. Treize années plus tard, sous la pression des résidants et des marchands du quartier, le marché Sainte-Anne reprendra vie sur les débris de l’ancien Parlement. En 1860, autre déboire, sa halle en bois fut démolie. Puis, en 1871, le site bénéficie d’une énième vie : on y installera un marché aux poissons à l’extrémité « est », là où se trouve l’actuel bâtiment du Centre d'histoire de Montréal. Finalement, c’est au début du XXe siècle, en 1901, que le marché Sainte- Anne sera définitivement démantelé : les propriétaires des magasins-entrepôts installés tout autour du marché se plaignaient que l'encombrement des rues nuisait à leurs activités.
Depuis, on attend toujours que le marché Sainte-Anne renaisse de ses cendres !
Visites guidées à mettre à votre agenda
Madame Louise Hébert, présidente de Guidatour et Madame Josée Benoit, directrice des activités touristiques de la Basilique Notre-Dame, me l’ont confirmé : très peu de résidants du quartier s’inscrivent aux visites offertes par leurs organismes. Et pourtant, le Vieux-Montréal regorge d’histoires, de légendes et de tré trésors cachés à découvrir. À l’automne, pourquoi ne pas suivre des circuits de visites guidées de nos principaux lieux historiques. À l’extérieur, il y en au programme à l’époque de l’Halloween ou dans le temps de Noël. Et, si le temps est maussade, profitez-en pour explorer la Basilique Notre-Dame de Montréal, la résidence de Sir George-Étienne Cartier, la chapelle Notre-Dame-de-Bonsecours, le Château Ramezay, ou encore les vestiges du début de la création de Montréal dans le sous-sol du Musée Pointe-à-Callière. Suivez les guides ! Leurs connaissances historiques et leur habileté à nous faire découvrir ce que nos yeux ne voient pas sont sans prix !
P.-S. Pour plus de renseignements sur ces lieux ou sur les visites guidées, voir entre autres :
www.guidatour.qc.ca;
www.basiliquenddm.org;
www.chateauramezay.qc.ca;
www.marguerite-bourgeoys.
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