Les carnets de Manon
Tout sur l'Homme...de Calder
Écrit par Manon Bourgeois   

20

mai

2013

Je vis dans le Vieux-Port. Mes yeux le croisent quotidiennement. Il est à portée de vue, mais non à portée de mains. Ses immenses bras d’acier surgissent au milieu de la végétation environnante et pointent vers le ciel.

Cet homme hors norme, aux pieds bien ancrés sur notre sol montréalais, c’est L’Homme de Calder (Man, Three Disks), 1967, une sculpture contemporaine dressée de l’autre côté du fleuve1, devenue notre fenêtre sur le monde moderne : un contrepoids de taille aux nombreux monuments à l’effigie de personnages historiques disséminés dans notre quartier.

 

L’Homme et son créateur

L’Homme d’acier de 22 mètres a atterri sur nos terres lors de l’Exposition universelle de Montréal en 1967, grâce à un don de la société International Nickel Company of Canada Ltd (Inco). Son ossature est composée de cinq arches entrecroisées, en acier inoxydable non poli et non peint, façonnée à partir d’un assemblage de poutres et de boulons suivant une esthétique industrielle toujours à la mode. Cette oeuvre est le fruit de l’imaginaire d’Alexander Calder, né à Philadelphie en 1898 et mort à New York en 1976, célèbre pour ses sculptures mobiles composées de tiges de métal et de tôles peintes aux formes géométriques variées, dont les reproductions inondent le marché encore maintenant. Mais Calder est aussi reconnu pour la création d’oeuvres monumentales, tel notre Homme, qui ornent les espaces publics des plus grandes villes du monde : Paris, New York, Amsterdam, Bruxelles ou Mexico.

 

Déménager ou rester là?

Les installations de l’Exposition universelle de 1967 ont eu une vie éphémère; c’était prévu ainsi. L’Homme a donc été déménagé. Depuis 1992, bien installé sur son piédestal sur le belvédère de l’île Sainte-Hélène du parc Jean-Drapeau, il s’offre aux regards des joggeurs et des flâneurs dans le Vieux-Port. De plus, il est devenu le point de rassemblement estival dans le cadre des événements programmés par Piknic Électronik. En fait, « les Montréalais se sont approprié ce lieu » affirme Marie-Claude Langevin, chercheuse en études des arts à l’UQAM et partisane du maintien de cette oeuvre sur son site actuel, qui a défendu son point de vue, appuyé par François W. Croteau, maire de Rosemont - La Petite-Patrie, lors d’un récent débat organisé par Le Devoir sur Les Dilemmes de l’art public à Montréal 2.

 

Mais, une sculpture évaluée à près de 60 millions de dollars doit-elle être plus accessible afin d’avoir un rayonnement plus étendu? Oui, elle mérite d’être au coeur de la ville et d’être vue et touchée par le plus grand nombre de personnes possible répondent d’un commun accord Sarah McCutcheon Greiche, historienne de l’art, et Marcel Côté, économiste, les deux panélistes défendant la thèse du déménagement de L’Homme au même débat. D’ailleurs, notre « Homme » a une carrière internationale bien amorcée. Il a déjà fait la une de Beaux-Arts Magazine dans un numéro spécial (2011) titré Le Tour du monde des oeuvres les plus spectaculaires, où il fut comparé à d’autres oeuvres monumentales telles le Puppy de Jeff Koons à Bilbao et la Pince à linge de Claes Oldenburg à Philadelphie.

 

Déménager ou rester là? Pour le moment, la Ville a tranché. En mars dernier, elle a confié à la Société du parc Jean-Drapeau le mandat de veiller à revaloriser L’Homme dans le cadre de son Plan d’action pour les fêtes du 375e anniversaire de la ville de Montréal en 2017.3 À suivre…

 

Quoi qu’il en soit, de près ou de loin, notre « Homme » avec ses trois disques au bout des bras a du panache! r

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1. À proximité se dresse une autre sculpture contemporaine, La Ville imaginaire de Charters Almeida, don de la communauté portugaise de Montréal, du Metropolitano de Lisboa et de la Société du métro de Lisbonne, à la Société de transport de la Communauté urbaine de Montréal, à l’occasion du 30e anniversaire du métro de Montréal (1967). Cette oeuvre contemporaine mérite un article à elle seule.

2. Marie-Claude Langevin, François W. Croteau, Sarah McCutcheon Greiche et Marcel Côté, étaient les panélistes lors de la soirée Le Devoir de débattre dirigée par l’éditorialiste du Devoir Antoine Robitaille ayant pour thème, Les Dilemmes de l’art public à Montréal, le lundi 22 avril 2013.

3. L’auteure remercie Francyne Lord, Chef de section au Bureau d’art public de Montréal, pour ses informations et ses précieux conseils dans le cadre de la recherche pour cet article.

 
Taquiner le poisson dans le Vieux !
Écrit par Manon Bourgeois   

03

mar

2013

Début janvier 2013, les quais de la marina du Yacht Club de Montréal situés à l'ombre de la Tour de l'Horloge dans le Vieux-Port sont figés dans la glace, mais on y grouille d'activités : une motoneige zigzague dans tous les sens et des hommes chaudement habillés percent des trous un peu partout.

Ce branle-bas de combat est le fruit de la persévérance de Jean Desjardins, guide de pêche, qui s'apprête à réaliser un vieux rêve : transformer le Vieux-Montréal en une destination de choix pour la pêche, hiver comme été!

 

Pêcher l'hiver en ville!

La pêche blanche est un loisir populaire au Québec. Depuis 75 ans, au moins 100 000 Québécois se déplacent chaque année pour aller pêcher sur la glace le poulamon, ou petit poisson des chenaux, à Sainte-Anne-de-la-Pérade. Bonne nouvelle! Désormais les Montréalais n'auront plus à s'éloigner autant pour taquiner le poisson l'hiver. Ils n'auront qu'à prendre le chemin du Vieux-Port, le même qui les conduisait à la plage du Quai de l'Horloge l'été dernier.

 

Pêcher en ville dans le fleuve Saint- Laurent a du sens : la profondeur moyenne des eaux du fleuve est de 8 à 10 mètres, le débit est rapide, et le poisson y est abondant et diversifié. En fait, on y dénombre au moins 53 espèces de poissons le long du tronçon Montréal - Sorel. Parmi ces espèces, plusieurs se réfugient l'hiver dans le bassin du Quai de l'Horloge sous une épaisse couche de glace pouvant atteindre jusqu'à 60 cm : un habitat idéal pour eux!

 

Du poisson bon à manger!

La qualité de l'eau du fleuve Saint- Laurent où sont déversés des déchets de toutes sortes est constamment remise en question. Pourtant, les pêcheurs sur le fleuve l'été le savent : le poisson y est de qualité, car les eaux ne sont pas aussi contaminées qu'on le pense compte tenu des forts courants. C'est ce qu'a confirmé le journaliste Tristan Péloquin dans un article de La Presse paru le 12 janvier 2013 : la mesure de la concentration de mercure de deux perchaudes pêchées dans le bassin du Quai de l'Horloge les jours précédant l'ouverture du Village de pêche blanche dans le Vieux-Port, « demeure nettement en dessous de la limite acceptée pour la commercialisation ».

 

Une activité hivernale à pratiquer en famille!

M. Desjardins et son équipe vous attendent dans le Vieux-Port depuis le 12 janvier 2013, et ce jusqu'au 31 mars. Ils ont installé 11 cabanes de pêche et 24 abris de toile entre les quais où étaient amarrés les bateaux des plaisanciers il n'y a pas si longtemps. Les amateurs de pêche pourront s'adonner à leur sport favori à compter de 7 h le matin, sept jours sur sept, beau temps mauvais temps. La pêche sur la glace en ville, dans une tente à l'abri du vent ou dans une cabane chauffée pouvant accommoder jusqu'à 12 personnes est une belle activité à pratiquer en famille. Vous ne serez pas déçus, car « du poisson, il y en a en quantité et des gros », me souligne Nathalie Émond, vice-présidente marketing de Pêche Blanche Vieux- Montréal. Cependant, les quotas de pêche s'appliqueront comme partout ailleurs. Pour protéger la biodiversité et certaines espèces menacées, on aura droit à dix perchaudes, trois dorés et un brochet par séance de pêche. Tout de même, de quoi nourrir une petite famille pour plus d'un repas!

 

Bonne pêche!

 
Le Marché De la Commune: un secret bien gardé!
Écrit par Manon Bourgeois   

07

déc

2012

Je suis passée devant des dizaines de fois sans le remarquer. Le bâtiment peint en rose ne paie pas de mine. Derrière une vieille porte en bois, situé au 695, rue de la Commune Ouest, se cache le Marché de la Commune : l'endroit idéal pour acheter des fruits et légumes frais dans notre quartier. Marie-Thérèse, mon ancienne voisine, m'en a révélé le secret : c'est ainsi que l'on apprend son existence, de bouche à oreille!

 

Le fruit de la volonté d'une mère qui s'ennuie à la maison...

L'origine du Marché de la Commune remonte à 1978, me raconte Ronald. Madeleine, Mom, en a eu l'idée. Les enfants à l'école, ses parties de bowling hebdomadaires n'étaient plus suffisantes pour canaliser son énergie. Elle décida donc d'ouvrir un magasin avec une copine. Le choix de la marchandise à offrir fut facile, le fournisseur étant déjà tout trouvé, puisque son mari travaillait alors comme acheteur chez John F. Cuggy. Cette entreprise d'importation de fruits et légumes, située rue de la Commune Ouest, ravitaillait les chaînes d'alimentation, les restaurants, les hôpitaux et les cargos dans le Vieux-Port. Mom loua donc un minuscule local vacant tout à côté et se mit à vendre au détail des fruits et légumes trois jours par semaine. À l'époque, le Vieux-Montréal était surtout un quartier industriel peuplé de travailleurs rentrant chez eux après 16 h 30; les résidants étaient rares. Les premières années furent difficiles. Mais la ténacité, c'est une autre qualité de Mom, après le coeur à l'ouvrage...

 

Une expansion méritée!

Au début des années 80, la compagnie John F. Cuggy fait faillite. Mom réussit à convaincre son mari qui avait perdu son emploi de venir l'épauler. Ils transforment en entrepôt un vieux hangar abandonné dans la cour arrière du magasin et récupèrent une partie de la clientèle laissée sans fournisseur de fruits et légumes par la disparition de la compagnie Cuggy. Aidé de ses deux jeunes fils, le couple n'a qu'un objectif : donner un service plus que parfait. La famille travaille jour et nuit. Et ça marche. Rapidement à l'étroit dans leur minientrepôt, ils déménagent au 695, rue de la Commune Ouest. Ils y sont toujours et leur clientèle croît tout doucement. On y vend en gros des fruits et légumes et des herbes fraîches pratiquement à tous les dépanneurs et restaurants du coin (et même un peu plus loin au Nord et à l'Est du centreville), ainsi qu'aux cargos et aux bateaux de croisière, et la porte continue d'être ouverte pour la vente au détail aux résidants du quartier. Vous y serez servi avec le sourire que ce soit pour l'achat d'une orange ou de légumes pour le pot-au-feu!

 

Un commerce qui est là pour rester!

Mom a décidé de prendre sa retraite suite au décès de son mari cet été. Elle est rassurée sur l'avenir de son commerce, me confie-t-elle : son fils Ronald, devenu son bras droit depuis 1986, et son petit-fils Shawn prennent la relève. Pour le moment, les lieux physiques n'ont pas changé : en circulant dans le magasin, on voit du coin de l'oeil des sacs d'oignons et de carottes, des caisses de céleris et de tomates et des dizaines d'autres victuailles entassées dans l'entrepôt. Ronald et son équipe d'employés sont confiants. Les perspectives de développement sont bonnes. Ils comptent augmenter la clientèle du quartier et des secteurs environnants et peut-être réussir à attirer les gens de l'Île-des-Soeurs! Grâce à la qualité de leurs produits, ils concurrencent avec succès les chaînes d'alimentation. De plus, ils commencent à diversifier leur offre en introduisant de nouvelles denrées en magasin, tel du café en vrac à bon prix. Dans la foulée des projets d'amélioration du service à la clientèle envisagés, il est également question de prolonger les heures d'ouverture en fin de journée et le samedi; le magasin ferme actuellement à 16 h 30 du lundi au vendredi et à 13 h le samedi.

 

Il faut éventer le secret et se passer le mot : le Marché de la Commune, c'est un lieu à fréquenter pour mieux manger et pour cuisiner santé!

 
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Vendredi, 24 mai 2013

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