Après des études en histoire et en littérature, puis en cinéma, Ginette Major s’intéresse aux médias de l’avenir, notamment dans le domaine des images numériques et des applications des nouvelles technologies dans les divers champs de création. Avec ses deux premiers romans, elle revient à ses passions premières, l’histoire et la littérature.
Pourquoi le Vieux ?
En 1985, j’avais créé avec Hervé Fischer la Cité des arts et des nouvelles technologies de Montréal en vue de l’exposition internationale d’art et de nouvelles technologies Images du futur. Le seul local possible du point de vue des finances et des dimensions était l’ancienne gare maritime du Vieux-Port désaffectée depuis des années. On nous a donc loué cet emplacement en ruines pour un prix dérisoire. Puis, nous avons loué des locaux rue de la Commune. De là à s’y établir, il n’y avait qu’un pas à franchir.
L’Association des résidants du Vieux- Montréal (ARVM)
En 1992, tout le monde était terriblement dérangé par les bruits et les festivités qui se terminaient à trois heures du matin (particulièrement à la Place d’Armes) à l’occasion du 350e anniversaire de la fondation de Montréal. D’où des problèmes fondamentaux de bruit, de saleté, de stationnement, etc. Donc l’Association a été créée pour y faire face et j’en fais toujours partie depuis. Il y avait une telle exaspération que c’était la foire d’empoigne au Marché Bonsecours au cours des réunions publiques. Par la suite, le poste de Coordonnateur de la ville de Montréal avec le Vieux-Montréal a été créé et les relations ont commencé à s’améliorer.
D’où vient le besoin d’écrire ?
Ce n’est pas vraiment un besoin d’écrire parce que sinon, je m’y serais mise bien avant. Je suis une passionnée d’histoire, mais je ne voulais ni enseigner ni devenir journaliste. J’ai donc fait tout autre chose pour gagner ma vie. Puis, je me suis mise à voyager, à lire beaucoup de livres d’histoire.
Pourquoi Napoléon ?
Un jour à Fontainebleau, j’ai acheté le Mémorial de Sainte-Hélène dans lequel le comte de Las Cases nous apprend qu’après Waterloo Napoléon avait décidé de venir s’établir aux États-Unis avec son frère, l’ex-roi d’Espagne.
Durant tout son séjour à Sainte-Hélène, il correspondait avec son frère Joseph qui lui disait à quel point il aimait ce pays démocratique, de liberté. L’imagination de Napoléon s’est alors déployée et il songeait à ce qu’il allait faire quand il y viendrait. Il souhaitait qu’un jour l’opposition en Angleterre, qui lui était favorable, prenne le pouvoir et lui donne la permission de se rendre aux États-Unis.
J’ai ainsi appris qu’une grande diaspora française vivait alors aux États-Unis. Bien reçue par le président Jefferson, elle s’était fait offrir des semences, des terres, etc. Puis, en cherchant des renseignements sur Joseph Bonaparte sur Internet, je suis tombée sur une mine d’or d’ouvrages qui m’ont fourni tous les éléments nécessaires à l’écriture de cette trilogie.
Et la fiction ? N’y avait-il pas une certaine crainte de mettre des paroles fictives dans la bouche de Napoléon ?
Non, parce que tout le contexte est vrai, c’est-à-dire toutes les références historiques et politiques. J’ai lu 30 heures par semaine pendant deux ans et demi sur le début du XIXe siècle, période de grande effervescence politique et économique. J’ai visité la Malmaison, Fontainebleau (les petits et grands appartements, le parc). Je suis également allée au domaine de Joseph Bonaparte, à la maison de son neveu, à la Nouvelle-Orléans, entre autres.
J’ai mis deux ans et demi pour la recherche qui portait sur les trois tomes et deux ans pour l’écriture des deux premiers. À l’origine, il n’y avait qu’un seul tome que j’ai par la suite divisé en deux pour l’adapter aux habitudes de lecture d’aujourd’hui.
Où en est le troisième tome ?
J’en suis à environ 90 pages écrites et il devrait en compter entre 400 et 450.
Ne pas forcer l’imaginaire
Je ne me fixe pas d’échéancier. Mon éditeur non plus d’ailleurs. Je n’aime pas travailler sous pression. Il est impossible de forcer l’imaginaire. On peut parfois le faire avec un article de journal, un essai, mais pas avec une oeuvre d’imagination. J’ai déjà essayé et les résultats n’étaient pas probants.
L’après Napoléon ?
Je ne pourrais pas passer au Moyen Âge ou à la Renaissance, parce que je devrais recommencer tout le travail que j’ai fait.
J’aimerais bien me pencher sur les contrastes entre la fin du XVIIIe siècle, le début du XIXe et notre époque. Par exemple, la Chine d’hier en déclin (puissance économique de nos jours), l’Europe de la Révolution industrielle (aujourd’hui en difficulté), les États-Unis qui durant cette période n’avaient rien à voir avec la réalité actuelle.
La vie à la frontière (alors inexistante entre le Canada et les États-Unis), la cohabitation entre les Français, les Anglais, les Américains et les Indiens. Autant de sujets passionnants dans ce « no man’s land » où lois et territoires restaient à établir.
Napoléon L’exil en Amérique, Tomes I et II, chez VLB éditeur.
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