À la longue, nos sempiternelles crises internes sont décourageantes; elles sont décourageantes pour les députés, pour les militants, mais surtout pour la population qui nous a élus. Certains affirment, le plus sérieusement du monde, que ces crises seraient dues à la passion engendrée par la cause que l’on défend : l’indépendance du Québec.
Si cette explication est en partie véridique, les crises à répétition que nous avons vécues ne sont pas de ce ressort. Dans la grande majorité des cas, ces crises ont comme cause principale la panique; non pas la panique qui vous permet de surnager dans le tumulte des eaux, mais la panique qui vous enlise dans les sables mouvants. Cette panique destructrice est le résultat de la débâcle du Bloc québécois et du dépôt du projet de loi sur l’amphithéâtre de la Ville de Québec. S’ensuivirent les démissions en cascade et les mauvais sondages, qui ne furent que le reflet de cette panique, et qui sont venus clore le tout.
Sans vouloir paniquer à mon tour, le moins que je puisse dire est que les derniers mois ont été très difficiles et c’est justement le bon moment pour rappeler certaines vérités. D’abord, que cela nous plaise ou pas, en politique, comme dans toute autre organisation, une équipe doit faire preuve d’un minimum de cohérence et de discipline. Entre le silence mortifiant des libéraux et nos éternelles crises d’adolescence, il me semble qu’il doit exister un juste milieu; ce milieu que, manifestement, mon parti n’a pas encore trouvé.
Ensuite, les obstacles – au premier chef le Parti Québécois lui-même – qui ne manqueront pas de se dresser à l’encontre de notre indépendance nationale sont gigantesques, à commencer par les électeurs qui veulent que l’on se concentre sur des problèmes plus importants comme la santé, l’éducation et l’exploitation de nos ressources naturelles. Cette dernière constatation m’attriste, mais elle est basée sur la réalité. Si nous passions moins de temps à nous trucider, nous pourrions enfin nous mettre à l’écoute de la population. En attendant un meilleur contexte politique, les difficultés inhérentes à l’accomplissement de notre projet exigent donc de nous une plus grande discipline et des nerfs à toute épreuve.
Il n’est cependant pas trop tard pour nous ressaisir. À titre d’opposition officielle, nos concitoyens nous ont élus pour surveiller l’action – ou l’inaction – du gouvernement de Monsieur Jean Charest. Ensuite, avec l’apparition d’un nouveau parti politique et l’intérêt qu’il semble susciter, le besoin de cohésion a augmenté d’un cran.
Enfin, la condition essentielle pour atteindre ces objectifs demeure la nécessaire confiance que nous devons avoir envers notre chef. Si d’aucuns paniquent au moindre sondage, ils ne sont pas dignes des responsabilités et du projet qu’ils portent. Moi en tout cas, j’ai confiance.
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