Chères résidantes et chers résidants, Le gouvernement a décidé de nous donner l’illusion qu’il recommençait à zéro. Le 23 février dernier, le Premier ministre nous a offert un Discours d’ouverture, ce qui mettait fin à la session en cours et en annonçait une autre.
Tous conviennent que ce stratagème avait pour but de relancer un gouvernement essoufflé et discrédité. Les libéraux veulent se refaire une santé politique car, ne l’oublions pas, il leur reste deux ans d’un mandat qui paraît déjà passablement long. Mis à part quelques idées éparses, ce discours est une autre illustration de ce qui manque cruellement à ce gouvernement : une certaine idée du Québec d’aujourd’hui et de demain.
Techniquement, un Discours d’ouverture termine une session parlementaire et en inaugure une autre. Le meilleur exemple que ce Discours ne servait pas à grand-chose est le fait que, à peu de chose près, tous les projets de loi déjà à l’étude ont été reconduits dans la nouvelle session et rien n’empêchait le gouvernement d’en proposer d’autres. Bonjour le renouveau! Toujours est-il que, parmi tous ces projets de loi, celui qui concerne le patrimoine culturel, le Projet de loi 92, continuera son petit bonhomme de chemin législatif. Nous reprendrons les travaux là où nous les avons laissés. La commission parlementaire est à l’étape de l’audition des organismes et individus intéressés par ce sujet et qui ont trouvé le temps d’écrire et de déposer un mémoire.
Pourquoi je vous parle de ce projet de loi? Parce que, évidemment, le Vieux-Montréal est un des endroits les plus riches en termes de patrimoine et que ce sujet ne peut qu’intéresser les lecteurs. Selon les principales critiques que l’on entend jusqu’à maintenant et que nous partageons, la proposition gouvernementale, bien qu’intéressante, manque de clarté. Par exemple, nulle trace dans le projet de loi de cet exercice pourtant incontournable pour la suite des choses : un inventaire et une analyse détaillée des biens patrimoniaux du Québec et un inventaire et une analyse des biens potentiellement patrimoniaux. La proposition de classer des paysages manque aussi de précision. Le rôle des autorités municipales reste également à clarifier. Que faire de tout ce patrimoine à caractère religieux? De plus, il est difficile de bien comprendre l’implication concrète du classement. Une fois que l’on procède au classement d’un bien, qu’arrive-t-il par la suite? L’immeuble est protégé, ce qui est très bien, mais encore? Pour plusieurs, le fait de posséder un tel bien se transforme trop souvent en un boulet.
Mais les débats se poursuivront car il reste à procéder à plusieurs étapes législatives, dont celle de l’étude article par article où nous pourrons poser toutes les questions dans le but de mieux cerner les tenants et aboutissants de ce projet de loi. Il demeure qu’en ces matières, la vision que nous avons de l’avenir de notre patrimoine doit s’appuyer sur des règles du jeu très claires car, une fois adoptée, cette future loi ne sera pas revue avant longtemps. On ne pourra viser la perfection mais nous travaillerons pour que l’on s’en rapproche le plus possible.
En terminant, à ce stade-ci de nos travaux, je n’entrevois pas de changements majeurs pour le Vieux- Montréal. Ce territoire est déjà reconnu comme un arrondissement historique, donc protégé, et le gouvernement du Québec et la ville de Montréal ont une entente de développement depuis plusieurs années. Dans le cadre de cette chronique, je vous informerai de la suite de nos travaux et j’en profiterai pour vous expliquer les conséquences sur vous, les chanceux et chanceuses qui avez la chance d’habiter un des plus beaux quartiers d'Amérique!
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