Une visite à la Maison du Père
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Écrit par Ginette Major   

18

avr

2010

Une invitation a été lancée, début mars, aux administrateurs de l’ARVM pour une visite guidée de la Maison du Père. Ce centre d’accueil pour hommes sans abri, âgés de plus de 25 ans, est situé sur le boul. René-Lévesque, à l’est de Berri. Il est dirigé depuis 40 ans par son fondateur, le Père Sylvio Michaud, père Trinitaire, qui s’est mérité l’Ordre du Canada en 2009 pour son action humanitaire.

On reconnaît facilement La Maison du Père à ses allures cubistes, et à ses couleurs vibrantes. Ce pavillon, ouvert en 2005, s’ajoute à deux autres plus anciens.

 

Une visite guidée

Quarante-cinq minutes avant l’heure d’ouverture des lieux, des dizaines de sans-abri, sont déjà massés sur les pelouses attendant l’ouverture des portes. Le père Michaud nous attend pour la visite guidée. Les lieux sont immenses. Un vrai dédale. Tout est d’une propreté impeccable. On sent l’ordre et la discipline. À l’heure du débat sur la présence des signes religieux dans l’espace public, le visiteur est frappé de plein fouet par la taille des crucifix et ses statues de saints qui ornent salles et couloirs. Mais on est ici dans un espace privé.

 

Les clientèles

Il y a d’abord les pensionnaires d’une nuit. Lorsqu’à 15 h 15 les portes de la Maison s’ouvrent, ceux-ci doivent d’abord s’inscrire. S’ils viennent pour la première fois, leur profil sera établi. Après une légère collation, ils sont ensuite dirigés vers les douches, où des vêtements propres leur sont remis. Les récalcitrants seront éconduits. Des salles de loisirs et une belle cour intérieure sont à leur disposition en attendant le souper. La Maison dispose de 150 lits, isolés par groupe de deux à quatre, par des cloisons en dur. Les pensionnaires devront avoir quitté les lieux à 7 h 30 le lendemain.

 

La Maison offre d’autre part des chambres spacieuses à des sans-abri en réinsertion, pour une durée de deux à trois mois. Des soins professionnels leur sont offerts. Le père Michaud précise que certains quittent sans regret, supportant mal la discipline. Il y a enfin des studios, avec salle de bain et coin cuisine, pour les 50 ans et plus qui souvent y finissent leur vie.

 

Qui sont ces sans-abri?

Ceux qui faisaient la queue pour entrer n’étaient pas des vieillards mais des hommes plutôt jeunes. Souvent des réfugiés économiques de la campagne, nous dit le père Michaud, suite à la fermeture d’une porcherie, ou d’un centre d’élevage de poulets etc. Sans famille et sans amis dans la métropole, ils vont au refuge le temps de se dénicher un emploi. Les locataires des chambres de transition nous sont apparus plus âgés, et souvent mentalement diminués.

 

Ce qui nous a le plus frappés?

L’ordre impeccable des lingeries, où tout est lavé, réparé, recousu, repassé, aligné, étiqueté, grâce au travail de cent vingt-cinq bénévoles. Et puis il y a le miroitement des parquets, comme dans les pensionnats du temps de ma jeunesse !

 

 

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