Artiste légendaire du présent clairvoyant l'avenir du passé, rien ne sépare Vittorio de son oeuvre car, ensemble, ils sont, un rien c'est tout !!...
Né en 1932 sur les côtes dalmates, il grandit à Venise jusqu'à l'âge de 19 ans, avant de débarquer à Montréal où il résidait dans le Vieux-Montréal depuis plus de quatre décennies. Reconnu sur la scène internationale, Vittorio Fiorucci était sans contredit le plus grand affichiste que comptait le Canada, oui le plus grand! Hormis ses éminents succès (plus de 300 affiches) tels les illustrations pour l'Opéra de Montréal, le cochon-sac de la Banque Nationale, la montgolfière du festival de St-Jean, le bonhommetéléphone de Bell, les nuages animés d'Air Canada, le fauteuil caméléon des 100 ans du Cinéma ou le Salon des métiers d'art, sans compter les innombrables pages de couverture pour « Time Magazine » dans les années 70, le paternel du célèbre petit bonhomme vert « Juste Pour Rire » - à qui l'on avait subtilisé la consanguinité - était un artiste contemporain à la réputation sans frontières, un grand Maître multi et plur disciplinaire.
« ...Dans tout ce que je fais, c'est l'aspect humain qui m'importe le plus, ce qui donne une âme... »
Créateur autodidacte polyvalent, photographe, sculpteur, designer, éditeur de magazines, auteur de livres pour enfants, illustrateur, dessinateur humoristique, bédéiste, caricaturiste de la condition humaine, l'oeuvre de ce géant est colossale. Personnage au punch coloré de son art anticonformiste ponctué d'un sarcasme savoureux, son style se dénote par de simples lignes et des couleurs vives sorties tout droit d'un kaléidoscope. Il a marqué le XXe siècle par une richesse picturale universelle s'adressant aussi bien aux grands qu'aux petits. Concepteur fougueux et passionné, il flirtait avec la controverse et le choc des idées, faisant danser son talent en équilibre sur le fil de l'ironie et de la tragédie. Avec un sens de l'humour des plus raffinés, son art transcende l'éphémère de la diversité des pratiques et disciplines artistiques.
Tel un modeleur, il taillait ses formes dans la matière des coloris avec un cachet unique, passant de la figuration truculente à l'abstraction géométrique. Habillés d'imaginaire, ses petits bonhommes nus symbolisaient l'être humain sous toutes les façades marginales de sa faune urbaine. Chasseur d'images sophistiquant le naturel de la simplicité, Vittorio dure et passe l'épreuve du temps, car une oeuvre des années 60 est tout aussi actuelle que la plus récente qui aurait pu ellemême être créée il y a 50 ans, défiant ainsi toute notion d'époques. Grâce à sa maîtrise instinctive de l'image et du kodak, ses photos d'hier font aujourd'hui l'envie des photographes de demain. Ses clichés de corps et portraits de modèles féminins sont immortalisés dans un paysage brut, sous des effets chimériques de lumière naturelle.
Son engagement en faveur de différentes causes était inconditionnel. Percutant et réceptif à tout ce qui l'entourait, particulièrement les enfants, Vittorio persistait et signait toujours, allant droit à l'essentiel pour toucher l'essence des sens des gens. À la Conférence de Kyoto sur les changements climatiques en 1997, il fut le seul Canadien invité à créer une affiche pour l'événement. Son oeuvre universaliste est reconnue autant en Amérique qu'en Europe ou en Asie. Il a reçu un nombre prodigieux de prix prestigieux internationaux couronnés par l'Encyclopædia Universalis l'honorant comme un des meilleurs affichistes au monde.
À toi mon très cher V., que je n'ai pas pu voir avant le jour du grand départ, à vie à mort et amour, je te verrai et te vénérerai toujours... Ce n'est qu'un au revoir mon pote et d'ici là, profite en paix de ce repos du guerrier! Merci du fond du coeur, chapeau et à bientôt... e Viva Vittorio...
Vittorio : caricaturiste de la condition humaine
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