Vous avez certainement vu, et peut-être même visité, le chantier archéologique qui a occupé l’extrémité ouest de la Place d’Youville à partir du mois de juin. Les voitures habituellement garées là avaient laissé place à un grand enclos où s’est activée pendant l’été une équipe d’archéologues.
Cette campagne de fouilles, terminée le 14 octobre, avait pour but d’explorer l’emplacement de l’ancien Parlement du Canada détruit par un incendie en 1849, qui avait occupé à partir de 1844 l’édifice du Marché Sainte- Anne, premier marché public fermé de Montréal, bâti en 1832.
Des objets de la vie quotidienne
Le Musée Pointe-à-Callière a présenté les résultats de ces quatre mois de recherches. Le résultat dépasse les espérances avec près de 50 000 pièces archéologiques remontées au jour dans un excellent état de conservation. L’un des objectifs était de documenter les différents niveaux enfouis. Mission réussie avec la découverte d’artéfacts clairement en rapport avec les trois périodes successives d’utilisation de l’édifice, y compris l’époque du Parlement. Ces objets seront présentés au musée Pointe-à-Callière dans le cadre de son grand projet de développement en Cité de l’archéologie et de l’histoire, depuis la Place Royale jusqu’au sous-sol de Douanes Canada, qui devrait voir le jour officiellement en 2017 à l’occasion du 375e anniversaire de la fondation de Montréal. Si les fouilles n’ont pas permis de localiser la voûte dans laquelle étaient conservés de nombreux documents de loi du Parlement, qui auraient peut-être échappé à l’incendie, elles ont ramené de nombreux ustensiles, services à thé, verres, lunettes, bouteilles en grès, etc., qui témoignent de façon émouvante de la vie quotidienne.
Les armoiries royales du Parlement désormais à Pointe-à-Callière
À l’occasion de cet événement le musée Pointe-à-Callière a reçu en don un objet unique : les armoiries royales du Royaume- Uni qui ornaient le Parlement du Canada. Miraculeusement réchappées de l’incendie dévastateur de 1849, elles ont été achetées dans une brocante par un collectionneur privé il y a quelques années. Il s’est ultérieurement avéré qu’il s’agissait bien des armoiries originales, en bois peint, qui ornaient la salle du Parlement. Leur propriétaire, l’Honorable Robert P. Kaplan, ancien Solliciteur général du Canada, a décidé d’en faire don au musée, qui enrichit donc ses collections d’un objet d’importance historique majeure en rapport avec notre quartier.
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