| 07 avr 2010 |
Le pavillon « temporaire », érigé près de la marina en 2000 pour l’aménagement de l’Héritage du Vieux Port, est devenu permanent et abrite le Bistro VU. Cet établissement a commencé ses activités en 2008, sans déranger le voisinage, sauf en de rares occasions. Il en est allé tout autrement en 2009.Six jours sur sept, du milieu de l’après-midi à 23h00, cet établissement à imposé au voisinage une « musique » dont les basses sont telles que rien ne peut en garantir. (En fait la musique continuait jusqu’à une heure avancée de la nuit, mais à un volume suffisamment bas pour que, fenêtres fermées, on ne puisse l’entendre). Des interventions tant auprès du propriétaire du commerce qu’auprès des autorités du Vieux Port n’ont eu comme effet que des protestations de bonne volonté et la répétition à satiété de l’attachement au principe de bon voisinage. (Peut-être faut-il comprendre que, pour le Vieux-Port, le bon voisin est celui qui tolère tout sans mot dire - et sans maudire -, et non celui qui évite d’imposer des nuisances à l’entourage).
On peut se demander à partir de quel principe un commerce peut s’accaparer ainsi l’espace public et imposer à tout un quartier un bruit proprement infernal. Ce qu’on ne tolérerait d’aucun particulier. On a d’ailleurs interdit les sonorisations personnelles sur le site du Vieux Port. Vendre de l’alcool donne-t-il des droits spéciaux ? Le Bistro VU n’est pas le seul en cause. D’autres établissements sont aussi objet de plaintes. Et le Bassin Bonsecours n’est pas en reste. De l’angle de la Commune-Saint-Hubert, pourtant assez éloigné, toutes les fins de semaine et les jours de fête on entend sa musique comme si c’était à la porte. S’il faut sans doute accepter qu’à l’occasion un événement public cause quelque ennui, peut-on pour autant supporter ces nuisances continuelles, quelle qu’en soit la source ?
Le journal La Métropole de décembre 2009 rappelait, en page trois, que, suite à l’intervention de l’ombudsman de la ville de Montréal, un établissement a cessé de faire entendre de la musique à l’extérieur. Le même principe ne devrait-il pas s’appliquer à tous les commerces de ce genre ? On nous dit que le seul moyen de mettre un terme à ces nuisances sonores est la déposition de plaintes qui, acheminées à la Régie des alcools, peuvent entraîner le retrait du permis. Ainsi, pendant que les autorités locales abdiquent leurs responsabilités et nous serinent le refrain du « bon voisinage », ce serait la Régie des alcools qui pallie leur laisser-faire et se montre sensible à la qualité de vie des riverains des débits d’alcool. Nos autorités locales entendent-elles déléguer à la Régie des alcools le soin d’assurer la tranquillité de certains quartiers ?
La Presse du 8 août 2009 consacrait ses pages 2A et 3A à la Pollution sonore. Les responsables du Vieux-Port auraient profit à les relire. Ils pourraient y constater le ras-le-bol des riverains à qui on impose ces montagnes de décibels. L’indifférence des promoteurs de ces événements et, surtout, des pouvoirs publics face aux problèmes que suscitent les nuisances sonores est proprement déconcertant.
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